C'est quoi un belou ?  Bientôt, vous saurez tout en lisant ce petit livre

itinéraire d'un belou  (Extrait)

 

"  10. Epilogue : C’est quoi la Belouserie ?


La Belouserie, c’est de là que viennent les belous. Le
belou est poilu et marche lentement. Poilu, on s’en fout,
enfin pas tout à fait, ça tient chaud l’hiver ; mais pour
nous, la lenteur est capitale, elle est synonyme de réflexion
et de non précipitation. Ho Bijou ! Pas trop vite ! Car,
quelques fois, le belou réfléchi !!!
Contrairement à son apparence extérieure quelconque, qui
pourrait faire penser le contraire. Donc, malgré son
apparence, le belou est gai et joyeux, intérieurement… Oui,
parce que le belou ne vit pas seul, mais avec les autres.

C’est une histoire de point de vue.
Il écoute les autres. Enfin, il écoute les autres au début, après
il se lasse. Le belou est convaincu qu’il faut connaitre son
voisin, c’est pour ça qu’il faut absolument lui parler. Deux
belous qui ne se causent pas, c’est mauvais signe, chacun
racontant des conneries sur l’autre, chacun finalement, ayant
peur de l’autre.
Alors que, quand on se parle, éventuellement, on peut boire
un coup ensemble ! A deux, on peut raconter des conneries
sur l’autre belou, là-bas : le 3ème ; celui qui ne vient jamais
causer : il ne faut pas s’éloigner…
Belou, vous l’avez compris, c’est un terme local et péjoratif.
Habitants du département des Deux-Sèvres, on est désignés
belous par les étrangers, principalement par nos voisins
vendéens. C’est une guéguerre locale qui permet finalement
de nous remettre à notre place...  

Éventuellement aussi, ça permet à nos chers voisins de se
sentir un peu plus importants, car ils en ont bien besoin les
pauvres !
Ceux-là, on les appelle les ventres-à-choux, parce qu’ils sont
nés dans les choux-vaches. Ce sont les choux que
mangeaient les vaches l’hiver, aliment très nutritif
pratiquement disparu aujourd’hui. Il est maintenant remplacé
par l’ensilage de maïs. Certains Vendéens un peu arrogants,
nous targuent d’avoir dix ans de retard sur eux. C’est pour ça
que nous, en Belouserie, on n’a pas encore eu le covid
comme les autres !
Les limites géographiques de la Belouserie sont les mêmes
que celles du département des Deux-Sèvres. Un
département à découvrir, ou à recouvrir, c’est selon. En tout
cas, un département créé par défaut, suite au vide laissé par
la création des deux départements alentours, ceux de la
Vienne et de la Vendée.
Division d’espace permettant d’éviter les anciens
affrontements passés, comme ceux qu’on a appelés les
guerres de Vendée. Ces trois départements réunis
représentaient l’ancienne province du Poitou.
Pour l’anecdote, aux premiers jours de l’année 1790, le
canton de Benêt faisait partie du département des Deux
Sèvres. L’Autize constituait la limite avec le département de
la Vendée. Mais le 25 février, lors de la création officielle des
départements, un échange a eu lieu : Coulonges-sur
L’Autize passe en Deux-Sèvres, et Benêt, Lesson, Sainte
Christine, Bouille et Courdault sont rattachés à la Vendée.

Même avec l’Autize, on n’est pas d’accord sur son
orthographe, qu’on soit en Belouserie ou en Vendée voisine :
écrite soit avec un « z » ou avec un « s » selon l’endroit.
Donc Belou ou ventre à choux, c’est presque pareil. (Mais
pas tout à fait). Cette délimitation par défaut devait aussi
théoriquement faire disparaitre un ancien clivage, existant à
l’époque entre le Haut-Poitou à tendance catholique, et le
Bas-Poitou plutôt protestant. Malgré tout, on retrouve encore
aujourd’hui ces deux tendances, liées soit au commerce
avec la proximité de La Rochelle, soit au belou du Nord, lui,
plus attaché aux traditions.
On observe aussi une différence topographique avec la
plaine calcaire de Niort, en opposition à la Gâtine et au
bocage bressuirais granitique.
Vous l’avez compris, le belou, contrairement à son
apparence simple, est en fait un citoyen complexe ; qu’il soit
agnostique, athée ou croyant, il respecte son voisin, qu’il soit,
lui aussi, agnostique, athée ou croyant. Le belou est donc
laïque, pas par naissance, mais par éducation.
Par contre, le belou peut devenir con, c’est-à-dire qu’il ne
supporte pas qu’on lui dise ce qu’il doit faire, qui il doit
fréquenter ou pour qui il doit travailler. Devenant soudain
méfiant, il sent l’arnaque, il réfléchit, et en cause avec ses
copains."

 

 

"Comme beaucoup, le belou doit voter. On pense encore,
peut-être à tort, que l’action de voter l’aide à mieux vivre. Le
doute est permis. Il y a beaucoup plus d’étrangers français
(des non belous) que des belous. Il a bien fallu un État, une
structure, pour rassembler tous ces gens différents, belous
et non belous, d’abord, pour qu’ils parlent la même langue,
qu’ils aient une bonne éducation et qu’ils soient bien

soignés ; et ça, qu’importe d’où on vient, de Belouserie ou
bien de Vendée, ou encore d’ailleurs dans le pays. Mais l’État
n’a jamais assez d’argent, ce n’est pas un puy du fou, mais
un puit sans fond.
Je veux bien payer des impôts pour financer tout ça, mais à
condition que tout le monde en paye aussi. Seulement voilà,
on a la désagréable impression que tout le monde ne paye
pas sa quote-part à la collectivité. D’où la désagréable
sensation de se faire avoir.
On les a prévenus, les Vendéens, que leur modèle capitaliste
n’était pas très égalitaire. Apparemment, ils s’en foutent, ils
répondent que chez eux, c’est le plein emploi. Pourtant, ils
en ont beaucoup, des petits, des tout petits salaires.
C’est vrai qu’on est bien content qu’en votant, on désigne des
gens pour s’occuper de nos affaires. Réflexion faite, à un
certain point, on ferait peut-être mieux de s’occuper nous
mêmes de nos affaires, au lieu de les déléguer à quelqu’un
d’autre.
Ce quelqu’un, qu’on ne connait pas, qui ne nous connait pas,
ce quelqu’un qui a souvent une fâcheuse tendance à venir
piquer dans la caisse ; pourtant celui-là, il te regarde droit
dans les yeux, en te soutenant mordicus comme un drôle(1) de
huit ans, que ce n’est pas lui le voleur !
Attachés à la démocratie, tous autant qu’on est, il faut
néanmoins voter, au moins pour le symbole. C’est pour ça,
même s’il n’est pas reconnu, la solution restante, ce serait le
vote blanc. On peut néanmoins décompter ces votes blancs
en faisant la différence entre le nombre de votants et le
nombre d’inscrits (votes blancs et votes nuls)."
1. gosse, gamin"

 

 

"La Vendée, c’est aussi le Puy du Fou, cette structure est le
plus gros employeur de bénévoles du pays à longueur
d’année, 4 000 personnes en 2024, qui ne sont pas
rémunérées pour leur travail ! Un record !

On est rès loin du bénévolat associatif, le temps d'un week end,

indispensable pour la moindre activité locale et participative.

Et tout ce petit monde-là, n’a pas vraiment le choix… C’est de l’enrôlement
par réseau. Par contre, le fou, ils l’ont ça c’est sûr !

Ainsi est fait l’être humain. Individuellement, c’est toujours
quelqu’un de bien, de gentil, quelqu’un de sympa. Mais dès
qu’il se trouve en groupe, en réseau, il se met à déconner.
Je l’ai raconté plus haut, nous, branleurs, ado ; ensemble, on
n’était pas plus fins que la moyenne…
Adulte, c’est la même chose, les associations d’humains,
d’hommes en particulier, il faut bien le dire, ne ressemblent
pas toujours à des galas de bienfaisance.

Les regroupements font naitre un leader. Ce leader devient un
être de pouvoir sur ses semblables. Tout système organisé
et fermé, va générer ces déviances. On l’a bien vu cette
année avec le scandale de Betharam. On le verra
probablement plus tard dans d’autres systèmes fermés,
comme celui du domaine militaire.
Peut-être un jour, parlera-t-on de l’école
militaire de La Flèche dans la Sarthe, où des générations
d’élèves ont été  violemment maltraitées."

 

Suite au prochain épisode